Masanobu Fukuoka

1 - L’expression Agriculture naturelle avait déjà été employée par Sir Albert Howard, pionnier marquant de l’agriculture biologique

2 - FUKUOKA M. (1985) : L’agriculture naturelle : Théorie et pratique pour une philosophie verte. Editions de la Maisnie, 1989

3 - MOLLISON Bill, HOLMGREN David (1986) : Permaculture, 2 tomes, Debard

4 - FUKUOKA M. (1978) : La révolution d’un seul brin de paille : une introduction à l’agriculture sauvage. Traduction française de 1983 et 2005 aux Editions de la Maisnie

5 - BONFILS Marc : Culture du blé d’hiver, Las Encantadas

6 - DE KEYSER Kali (1997) : « La culture de la terre en synergie » in Memento du jardinier bio, Nature et Progrès

7 - LESPINASSE Jean-Marie (2006) : Le jardin naturel, Editions du Rouergue

8 - BARBIÉ Olivier (2005) : Abrégé d’agriculture naturelle, ITAN

L’agriculture naturelle 1 a été exposée pour la première fois dans les années 1970 par le microbiologiste japonais Masanobu Fukuoka 2 (1913 – 2008). Fukuoka a souvent appelé sa technique « agriculture du non-faire » (do-nothing agriculture) ce qui renvoie clairement au bouddhisme. La base de sa doctrine est le refus du labour. Dans le détail, sa pratique tient compte de nombreux principes dont les plus importants sont : pas de fertilisants, pas de labour, pas de pesticides, pas de sarclage, pas de taille. Les préoccupations principales de Fukuoka ont été de produire du riz, des céréales à paille et d’entretenir son verger.

Dans les années 1980, d’autres lui ont succédé en s’inspirant de ses travaux dont les plus célèbres sont les Australiens Bill Mollison (1928 – ) et David Holmgren (1955 – ) 3, avec des objectifs à peine moins ambitieux. Il leur revient d’avoir forgé le terme de permaculture (par contraction des mots anglais permanent culture) et de l’avoir appliqué, au niveau agricole, aux espèces non-asiatiques. Là encore, le point fort de leur agronomie est le refus du labour et l’alliance objective passée avec les plantes dites « mauvaises herbes » qu’ils considèrent comme des alliées et non comme des ennemis à détruire. Il est indéniable que ce courant a beaucoup contribué à faire connaître l’agriculture naturelle en Occident et il reste la référence en ce domaine dans le monde anglophone.

Parallèlement, d’importants efforts ont été réalisés en Angleterre pour prendre en compte les différentes strates végétales, comme c’est le cas dans un biotope naturel. Cette logique est récurrente dans l’univers de l’agriculture naturelle et a été poussée à son plus haut niveau dès les années soixante par Robert Hart (1913 – 2000) à travers le concept de jardins forestiers (forest gardening). Cette voie est encore vigoureusement défendue par Phil Corbett et ses vergers-potagers.

En France, l’agriculture naturelle a été introduite d’abord dans le sud, directement par des disciples de Fukuoka (suite à son livre de 1977)) 4 mais en général sur de petites surfaces (jardins potagers). Ce fut le cas de Marc Bonfils 5 et d’Emilia Hazelip (1938 – 2003) qui ont développé des techniques spécifiques, en particulier la méthode Fukuoka – Bonfils pour les céréales à paille et le jardin synergétique d’Emilia Hazelip pour les petites cultures. En voici une description succincte que nous devons à Kali De Keyser et qui s’applique sans aucune restriction à la permaculture comme à l’agriculture naturelle : « Dans ce système agricole, on cultive les plantes dans un sol sauvage qui s’autofertilise perpétuellement et se travaille de lui-même. Il n’y a donc pas de travail du sol, ni de labour : c’est la faune du sol qui le travaille, les lombrics entre autres. On permet aux cycles biochimiques du sol ainsi qu’aux mycorhizes des plantes de se produire sans être perturbés par une aération excessive ou par un engraissage malvenu. » 6 L’influence d’Emilia Hazelip reste très importante comme le montre le succès du livre de Jean-Marie Lespinasse : Le jardin naturel (2006) 7

Actuellement, l’agriculture naturelle est défendue par de nombreuses associations, qu’elles soient permacultrices ou non. La spécificité de l’Institut Technique d’Agriculture Naturelle est de s’adresser directement aux professionnels de l’agriculture et de l’horticulture. Trois axes sont plus particulièrement mis en avant : l’Agriculture étagée d’Olivier Barbié (1969 – ) 8, le Bois Raméal Fragmenté de Gilles Lemieux ( – 2009) et le jardin en mouvement de Gilles Clément.